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dimanche 21 mai 2017

Murmures post mortem

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La Mort.
Dame blanche ? Dame à la faux ?
Parfois, elle prévient, elle avance en crabe.
On le sait, elle va venir toquer à la porte, pas la sienne, pas cette fois ; mais celle d’à côté, pas loin, nulle distance même qu’un cœur puisse mesurer.
Elle vient, sympa, elle laisse le temps.
Le temps aux âmes de se préparer, en même temps que le corps s’étiole.
Le temps donné aux aspérités passées de constater que cela fait bien longtemps qu’elles ne sont plus.
Le temps donné aux mains de se tenir, aux mots de se dire, aux larmes de couler, à la douceur de la fragilité d’être.
Elle toque au soleil levant et enlève vers ce qui est ou qui n’est pas.
Et puis, humaine pourtant, elle envoie ses messagers.
Ceux d’autrefois, pères, mères, amis.
Ceux qui, il y a longtemps, ont fermé la porte de leur vie.
Et pourtant qui reviennent pour un temps.
Réelles présences ou pas, qu’importe.
Un colloque singulier se tient entre la vie et la mort, les vivants et les morts.
Un murmure tendre, doux, comme une eau fraiche de rivière qui coule, adoucissant le sel des larmes.
Murmure qui dit à celle qui reste, pantelante un peu, épuisée beaucoup, qu’elle a été belle, de cette beauté grandie par la compréhension des ressorts étranges de la vie qui s’en va et, qu’au fond, seul le langage de l’amour permet d’appréhender.
Ce langage des anges qui dit aussi la paix à venir de l’accomplissement qui a été.
Finalement, la Mort n’est pas méchante.




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